vendredi 23 juin 2017

Soupçons de favoritisme dans l'attribution de marchés de l'eau à Marseille





Nouvel Obs - 22 juin 2017

Marseille (AFP) - La présidente LR du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal et le président de la Société des Eaux de Marseille (SEM), Loïc Fauchon ont été placés en garde à vue jeudi dans le cadre de l'enquête sur des soupçons de favoritisme dans l'attribution de marchés de l'eau à Marseille, a-t-on appris de source judiciaire.
Le maire LR de Marseille et président de la métropole Marseille Provence, Jean-Claude Gaudin a également été entendu dans l'après-midi, a précisé cette source, confirmant une information de la Provence.


Le siège de Veolia, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) avait été perquisitionné fin avril dans le cadre de cette enquête ouverte, notamment pour favoritisme et prise illégale d'intérêt en janvier 2015, par le parquet national financier (PNF) concernant l'attribution, en 2013, de marchés de l'eau à Marseille.


La Société des eaux de Marseille (SEM, filiale à 100% de Veolia) s'était vu attribuer en octobre 2013 et pour une durée de quinze ans par Marseille Provence Métropole (MPM) le marché de l'eau dans 17 des 18 communes de la collectivité territoriale (un million d'habitants) et deux des trois marchés de l'assainissement. Ces quatre marchés représentent un montant total de 3,2 milliards d'euros.


La chambre régionale des comptes avait émis en 2014 de vives critiques sur l'attribution de ces contrats, regrettant que MPM les ait attribués "sans procéder à aucun débat" sur leur durée, qu'elle avait jugée "manifestement excessive.
Elle avait aussi mis en lumière "l'influence active" de l'actuelle présidente LR du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, sur les décisions "ayant abouti à l'époque au choix de la SEM".


La chambre s'interrogeait aussi sur les liens entre Martine Vassal et le PDG de la SEM, Loïc Fauchon, au travers de l'association du Conseil mondial de l'eau, organisatrice du Forum mondial de l'eau à Marseille en mars 2012 dont
Martine Vassal fut la trésorière et Loïc Fauchon le président.


En novembre 2015, le bureau et le domicile de la présidente du conseil départemental, le siège de la SEM et le bureau du directeur général des services de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole avaient été perquisitionnés.


Martine Vassal avait rejeté ces soupçons de prise illégale d'intérêts: "Ce sont les services de Marseille Provence Métropole qui ont mené l'analyse et nous avons suivi leurs préconisations", avait-elle déclaré en 2014 lors de la publication
des avis de la chambre régionale des comptes.






Fête des Résistances et des Alternatives: programme réactualisé..






 




mardi 13 juin 2017

mercredi 7 juin 2017

Fête des résistances et des alternatives, 2ème édition les 8 et 9 juillet au centre culturel de Semoy







Plus de 30 organisations (associations locales, collectifs, syndicat, partis politiques), des citoyennes et des citoyens, des militantes et des militants, engagé.e.s sur le terrain des résistances, des alternatives, des luttes sociales se retrouveront pour partager leurs espoirs, échanger sur leurs combats, dessiner collectivement des alternatives à cette occasion.


Au programme : ateliers, débats, stands, théâtre, happening, musique..

Infos à suivre..





vendredi 12 mai 2017

Eau Secours : épandages de Pesticides encore plus dangereux





Le Journal Officiel de la République Française n°0108 du 7 mai 2017 a publié le « toilettage des dispositions de l'arrêté du 12 septembre 2006 relatif à la mise sur le marché et à l'utilisation des produits visés à l'article L.253-1 du code rural et de la pêche maritime, abrogé par le présent arrêté ». Il est déjà « entré en vigueur » le 8 mai 2017.


Qui est concerné ? Les « titulaires et demandeurs d'autorisations de mise sur le marché, de permis de commerce parallèle et d'expérimentation pour des produits phytopharmaceutiques et leurs adjuvants ; utilisateurs de ces produits et travailleurs agricoles ».


En quoi consiste ce « toilettage » ?
·         Il « prévoit des dispositions encadrant la mise sur le marché et l'utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants.
·         Il fixe ainsi la vitesse maximale du vent au-delà de laquelle ces produits ne peuvent pas être appliqués, les délais à respecter entre l'application et la récolte, et le délai de rentrée minimum applicable aux travailleurs agricoles après l'utilisation des produits.
·         Il prévoit également des dispositions pour limiter les pollutions ponctuelles, relatives notamment à l'épandage et la vidange des effluents phytopharmaceutiques.
·         Par ailleurs, il comporte des mesures visant à éviter la pollution des points d'eau par la dérive de pulvérisation ou le ruissellement de ces produits ».


Qui a pris cet arrêté ? « La ministre de l'environnement, de l'énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, le ministre de l'économie et des finances, la ministre des affaires sociales et de la santé, le ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du Gouvernement (NOR: AGRG1632554A), » en se retranchant derrière des textes réglementaires de la CEE devenue CE.


Merci au Journal de l’Environnement* d’avoir alertés les citoyen-ne-s de ces opacités (consultation du public en janvier en pleine préparation de la Présidentielle !), de ces irresponsabilités (c’est l’Europe), de ces textes lénifiants (« phytopharmaceutiques » au lieu de Pesticides et Ecocides, encadrement de la mise sur le marché et l’utilisation de ces produits et de leurs adjuvants qui peuvent être encore plus dangereux que les principes actifs).


L’article du JDE est formel :
·         « les riverains » des champs où se font les épandages de ces poisons sont les « oubliés »,

·         les « délais de rentrée » peuvent être raccourcis, si le personnel d’exécution dispose de filtre à charbon actif et de combinaisons en fait peu étanches et peu efficaces.

·         «Les cours d’eau » sont beaucoup moins protégés par la « bande enherbée » les jouxtant et par la latitude laissée au préfet en cas de contestation. (Notons que le ministre de l’agriculture n’était en outre que celui de la pêche maritime ! Evidemment quand les poissons ont le ventre en l’air à partir d’une parcelle précise, y a pas photo ! Comme si les pesticides et leurs produits de dégradation ruisselés n’arrivent pas jusqu’à la mer et n’affectent pas la nourriture des poissons, moules, huîtres et autres bigorneaux ! Cf. « L’enjeu plancton : l’écologie de l’invisible » de Maëlle Thomas-Bourgneuf et Pierre Mollo Ed. Ch Léop Mayer 2010)

·         « Le chevelu disparu » : l’arrêté passe sous silence toutes les têtes de bassins versants élémentaires qui canalisent les flux sortant des labours et des « horizons » sous-jacents des sols.


Or ces zones humides de rassemblement des eaux superficielles sont en cours de cartographie (à la demande de l’Europe !). Pourquoi ont-elles été écartées du nouvel arrêté ? N’aurait-il pas fallu attendre les résultats de ce travail de science citoyenne au lieu de précipiter la publication en catimini de cet arrêté ? La France, victime des lobbies de l’industrie phytopharmaceutique et d’un type d’agriculture obsolète qui ne connaît plus son agronomie, aurait pu avoir encore plus de retard en vertu recevable du « principe de précaution » ou de responsabilité. Le bilan des ministres de cette fin de quinquennat en aurait moins souffert qu’avec la signature de cet arrêté déplorable NOR: AGRG1632554A.



*L'article du Journal de l'Environnement